Page 40 - Un prince & des légendes
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L’AS MONACO UNE MADJER FACE AU REAL
ILS VONT MARQUER, C’EST SÛR
À l’aller, le 24 mars 2004, nous n’avions Le coach a été l’élément déclencheur ON EST CARBOS
Je marque dans les arrêts de jeu de la
pas vu le jour (4-2). Nous étions très de l’espoir et de l’exploit au retour. Il première période. C’est le bon moment
déçus. Mais Toto (Sébastien Squillaci) nous a maintenus sous pression par pour nous regonfler avant de rentrer
et Nando (Fernando Morientes) avaient des petits détails. aux vestiaires. Mais il y a une anec-
maintenu un mince espoir en mar- Il savait que les Madrilènes avaient dote qui a pesé.
quant.
joué les touristes dès leur arrivée Gaël (Givet) voulait absolument le
Cette équipe nous inspirait trop de en Principauté. Ils s’étaient baladés, maillot de Zizou. Je le connaissais un
respect. En face, c’étaient quand avaient fait du shopping. C’était plutôt peu. On avait le même agent (Alain
même les Galactiques, un des plus léger pour eux. Migliaccio). Je le lui demande dans le
grands Real de tous les temps. tunnel. Mais j’en avais déjà réservé un
Édouard (Cissé) avait aussi fait un
Extrait
Il y avait trois Ballons d’Or : Zidane, article dans le journal L’Équipe où il autre pour moi avant le match. Zizou
Ronaldo, Figo. Il y avait aussi Raúl, avait dit : « S’ils marquent, c’est fini. » me répond : « T’abuses Ludo » en sou-
Beckham, Casillas… j’en passe et des Didier s’était servi du papier. Il nous riant. Il me le file quand même en me
meilleurs ! Ils étaient vraiment im- l’avait montré en disant qu’il n’était disant autre chose…
pressionnants pour des jeunes comme pas d’accord : « Ils vont marquer, c’est Je lui dis en déconnant : « Cal-
nous. En plus, le stade ! sûr. Mais il ne faudra jamais baisser mez-vous ! Allez doucement… Ne nous
les bras. ». en passez pas trop ! » Il me répond sé-
Mais tout de suite après la défaite, Di-
dier (Deschamps) est resté positif. Il Et ils marquent bien en premier. Mais rieusement : « Mais vous êtes mieux
est revenu sur les deux buts que nous nous ne sommes pas abattus. Nous que nous. On est carbos ».
avons marqués et a dit que nous étions restons dans le discours du coach. J’ai pris ça au pied de la lettre pour
capables d’en remettre au moins deux Cette ouverture du score de Raúl nous motiver les gars. Je l’ai répété dans le
chez nous. a presque libérés. vestiaire. Zizou m’en a un peu voulu
après, quand il a su que je m’en étais
AS MONACO 3 – REAL MADRID 1 servi. En Espagne, ça avait fait causer.
Mardi 6 avril 2004
Stade Louis II J’avais en plus forcé le trait. J’ai dit
Ligue des champions, quart de finale retour que Zizou m’avait avoué qu’ils étaient
Giuly 45’+1 66’, Morientes 48’
Raúl 35’ morts ! J’ai surjoué pour motiver les
gars.
Et on reprend la deuxième mi-temps
en marquant rapidement. Nando met
une tête magistrale trois minutes
après la reprise.
Tout a alors fonctionné comme dans
un rêve. Le stade a poussé comme
jamais. Louis II était en feu ! On s’est
transcendés. On a volé !
Santiago Solari, Figo, Zinedine Zidane,
Ronaldo et Álvaro Mejía sur la pelouse
du stade Louis II, le 6 avril 2004.
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